Défendre les services publics
PPP: Pourquoi Privatiser les Profits à l’aréna Guertin?
Cette lettre a été publiée dans le journal Le Droit le 3 avril 2009.
Feu Robert Guertin doit se retourner dans sa tombe, avec la saga de la construction d’un nouvel aréna à Gatineau. Il doit avoir peur que le nouvel amphithéâtre s’appelle désormais «Aréna PPP», soit Profits Privatisés Partout.
Les PPP sont une autre moyen que l’entreprise privée a trouvé pour ne plus se cantonner au seul rôle de constructeur d’édifices publics, mais investir ceux de concepteurs, gestionnaires, promoteurs, et surtout, profiteurs des deniers publics. Car, posons nous la question: quel est l’intérêt de la ville dans cette histoire? Réponse: Pourtant Pas Profitable (surtout pour nous, les contribuables).
Nous apprenons que le tout s’est fait sans appel d’offres et que des frais cachés n’ont pas été inclus dans l’équation. La ville sera responsable des frais d’assurance, des taxes, des intérêts et devra payer des frais de gestion aux Olympiques, pour un montant pouvant atteindre 100 millions de dollars d’ici 2035.
Comme on peut le voir, c’est encore un Projet Partiellement Préparé qui a été accepté, parce que les sirènes du PPP sont tellement fortes que nos élus ont peine à y résister.
Mais il faut résister et il faut appuyer les conseillers dissidents. Pourquoi une société de gestion privée devrait gérer un édifice public? Un édifice qui devrait appartenir à Paul, Pauline et Pierre et non pas à Alain Sear et aux Olympiques.
Des villes comme Gatineau et Ottawa possèdent suffisamment de ressources et d’expertise pour faire construire et gérer leurs arénas et les partenariats publics privés n’ajoutent rien. Surtout lorsqu’on apprend que Gatineau avait déjà mis de côté 14 des 28 millions $ nécessaires à la construction. Cela démontre justement que le PPP n’est pas nécessaire, puisque ces projets tentent le plus souvent de se justifier en disant que les gouvernements n’ont pas à immobiliser d’importantes sommes d’argent. Mais Gatineau a déjà 50% de la somme, et peut emprunter le reste à de bien meilleurs taux que n’importe quelle entreprise ou société de gestion privée.
Ottawa vient d’être échaudées par les PPP qui ont coûté beaucoup plus cher que prévu aux contribuables. En 2007, les administrateurs de la ville ont recommandé de payer 1,2 millions $ pour racheter le bail du Bell Sensplex et de mettre fin à un partenariat pour le Centre Ray-Friel à Orléans, tout en absorbant une dette de 12 millions $.
Je suis tout à fait en accord avec la demande des conseillers dissidents de demander une enquête sur ce contrat signé à la hâte et sans consultation véritable des citoyens. L’administration de la ville de Gatineau devrait avoir honte de considérer un partenariat public privé au moment même où le ralentissement économique nous oblige à examiner des solutions éprouvées qui ne mettent pas dans les Poches de Promoteurs Privés les dollars si précieux que les contribuables de Gatineau devront payer pour un tel équipement.
Non au PPP et oui à des services publics donnés et gérés par le secteur public.
Maria Fitzpatrick
Vice-présidente exécutive régionale – Région de la capitale nationale
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