Défendre les services publics

Qui compromet la sécurité au Centre de la sécurité des télécommunications Canada? Le Centre ou l’AFPC?
L’une des agences les plus sécuritaires du gouvernement canadien, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC), tente de bâillonner les opposants à son projet de partenariat public-privé (PPP) pour son nouvel édifice en essayant d’empêcher l’Alliance de la Fonction publique du Canada d’expliquer quels risques encourent les contribuables.
La direction du CSTC a informé l’AFPC qu’elle va empêcher des élus syndicaux d’entrer sur les lieux afin de parler aux syndiqués qui travaillent au CSTC lors d’un barbecue.
Une manifestation a été prévue demain, le mercredi 10 juin à 11h 00 devant l’édifice du CSTC sur la Promenade Riverside (à côté de Postes Canada) avant le barbecue. Le syndicat entend profiter de cet événement afin de faire ressortir les dangers de ce projet en PPP. Selon la vice-présidente exécutive régionale de l’AFPC pour la région de la capitale nationale, Maria Fitzpatrick, «est-il souhaitable de donner à des entrepreneurs du secteur privé un accès de l’intérieur aux renseignements les plus secrets du pays?»
L’AFPC croit que le gouvernement fédéral risque de compromettre sérieusement la sécurité du CSTC en proposant que le secteur privé administre ce nouvel édifice hautement sécuritaire. Selon John MacLennan, président du Syndicat des employés de la défense nationale - un Élément de l’AFPC – «s'en remettre au secteur privé pour concevoir et entretenir des installations haute sécurité d'une importance vitale n'a aucun bon sens. » Les membres de l’AFPC fournissent des services de sécurité essentiels au CSTC.
MacLennan et des membres de l’AFPC vont distribuer des dépliants devant l’édifice du CSTC afin d’expliquer pourquoi ils s’opposent au projet. En mai dernier, la direction du CSTC a informé le syndicat qu'elle entend construire et exploiter de nouvelles installations par l'entremise d'un partenariat public-privé. Pour ce faire, le CSTC émettra un appel d'offres de type conception, construction, financement et entretien.
«Dire que le PPP va raccourcir les délais de construction tout en transférant au privé tous les risques financiers est ridicule, indique MacLennan. Jusqu'à présent, au Canada, le recours aux PPP a donné des résultats lamentables alors que les délais de construction ne sont pas respectés et les budgets défoncés. À la fin c'est toujours la population qui paie la note. »
«Nous n’avons qu’à jeter un œil sur le récent projet en PPP à l’Hôpital Royal Ottawa pour avoir peur, ajoute Maria Fitzpatrick. C’est l’un de ces projets qui a tourné au désastre, alors que les coûts ont explosé de 50%. Imaginez les conséquences au CSTC où le secret est la marque de commerce. La sécurité est une chose trop importante pour la confier au privé.»
Le CSTC fournit des renseignements étrangers et veille à la sécurité des communications électroniques du gouvernement. Le CSTC a déjà été pointé du doigt par la vérificatrice générale pour des problèmes de bris de sécurité lorsque des entrepreneurs de l’extérieur sont utilisés. Si le PPP se réalise, plus de 130 personnes offrant un soutien logistique critique au CSTC passeraient du secteur public au privé. Combien de temps cela prendra-t-il pour que les risques à la sécurité deviennent encore plus graves?
Le syndicat demande aux parlementaires d’exiger les informations financières qui ont conduit le CSTC à choisir l’option PPP afin qu’ils puissent procéder à un examen approfondi des supposés avantages des partenariats publics-privés.
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Renseignements: Maria Fitzpatrick, VPER-AFPC - 613-560-4380
John MacLennan, Président, UEDN - 613-639-5180
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